Quel est le premier livre à avoir été imprimé?

Quel est le premier livre à avoir été imprimé?

Quel est le nom du premier livre imprimé?

Le 11 mai 868, le premier livre imprimé daté a été publié: une copie chinoise du Sutra du Diamant. Il s’agit de l’un des plus importants manuels du bouddhisme, écrit à l’origine au premier siècle de notre ère.

On pourrait penser que c’est Johannes Gutenberg qui a imprimé le premier livre. Mais ce n’est pas le cas. Bien sûr les inventions remarquables de Gutenberg ont permis l’impression à l’aide de caractères mobiles en métal, y compris une presse à imprimer et une encre appropriée. Mais c’est surtout un moyen de produire des caractères mobiles en qualité et en nombre suffisants avec peu d’efforts. L’impression elle-même existait bien avant Gutenberg. Surtout si l’on pense aux gravures sur bois ou à ce que l’on appelle la gravure sur bois.

Pourquoi les gravures sur bois ont-elles prospéré en Chine ?

Les premiers fragments de gravure sur bois qui ont survécu proviennent de Chine. Il s’agit de soie imprimée de fleurs en trois couleurs datant de la dynastie Han (avant 220 ap. J.-C.). Il est clair que la gravure sur bois s’est développée en Asie plusieurs siècles avant l’Europe. Les Chinois ont été les premiers à utiliser ce procédé pour imprimer du texte solide. C’est beaucoup plus tard qu’en Europe, l’impression d’images sur tissu s’est transformée en impression d’images sur papier (gravures sur bois). Il est également établi aujourd’hui que l’utilisation en Europe du même procédé pour imprimer des quantités substantielles de texte et d’images dans des blocs de livres n’est apparue qu’après le développement des caractères mobiles dans les années 1450.

Le jeu de caractères chinois e compose de milliers de caractère. L’impression sur bois lui convient donc mieux que les caractères mobiles. En effet il suffit de créer les caractères au fur et à mesure qu’ils apparaissent dans le texte. Alors même que les Chinois aient inventé une forme de caractères mobiles avec de l’argile cuite au 11e siècle et que des caractères mobiles en métal aient été inventés en Corée au 13e siècle. Les blocs de bois ont continué à être préférés en raison des défis considérables que représente la composition d’un texte chinois avec ses 40 000 caractères.

La plus ancienne gravure sur bois

La plus ancienne gravure sur bois existante est le grand sutra Dharani de Mugujeonggwang, daté entre 704 et 751 ap. Il a été découvert à Bulguksa, en Corée du Sud, en 1966. Mais l’imprimé qui nous intéresse aujourd’hui est une copie imprimée sur bois à la British Library. Qui, bien que n’étant pas le plus ancien exemple d’impression sur bois, est le plus ancien exemple portant une date réelle.

Le livre fait preuve d’une grande maturité dans sa conception et sa mise en page. Il témoigne d’une ascendance considérable pour la gravure sur bois. L’exemplaire existant a la forme d’un rouleau d’environ 5 mètres de long. L’archéologue Sir Marc Aurel Stein l’a acheté en 1907. Il a du se rendre dans les grottes fortifiées de Mogao, près de Dunhuang, dans le nord-ouest de la Chine. Il appartenait alors à un moine qui gardait les « grottes des mille bouddhas »

500 ans avant Gutenberg

C’est plus de 500 ans avant la première impression de la Bible de Gutenberg. Comment cette technique est-elle arrivée en Europe et dans le monde occidental ? Les livres-blocs, où le texte et les images sont découpés sur un seul bloc pour une page entière. Ils sont apparus en Europe au milieu du 15e siècle. Comme ils étaient presque toujours non datés et sans mention de l’imprimeur ou du lieu d’impression, déterminer leur date d’impression a été une tâche extrêmement difficile.

La technique de la gravure sur bois se retrouve en Asie centrale et orientale, ainsi que dans le monde byzantin pour les tissus, et vers l’an 1000 de notre ère, des exemples de gravure sur bois sur papier apparaissent dans l’Égypte islamique. L’impression sur tissu s’était déjà répandue bien avant et était courante en Europe en 1300. Vers le XIIIe siècle, la technique chinoise de l’impression sur bois a été transmise à l’Europe, peu après que le papier soit devenu disponible en Europe.

Une tradition culturelle importante

L’estampe en bois, rejointe plus tard par la gravure, est rapidement devenue une tradition culturelle importante pour les œuvres religieuses populaires, ainsi que pour les cartes à jouer. Bien que beaucoup aient cru que les livres de bloc (européens) avaient précédé l’invention des caractères mobiles par Gutenberg dans la première partie des années 1450, il est maintenant admis que la plupart des livres de bloc qui subsistent ont été imprimés dans les années 1460 ou plus tard, et que les premiers exemples qui subsistent peuvent dater d’environ 1451. Ils semblent avoir fonctionné comme une alternative populaire bon marché au livre dactylographié, qui était encore très cher à ce stade. Les livres à blocs ont continué à être imprimés de manière sporadique jusqu’à la fin du 15e siècle et ont ensuite été de plus en plus remplacés par leurs alternatives en caractères mobiles, devenues moins chères.

Dans le Sutra du Diamant peut être trouvé la dédicace : « pour une distribution gratuite universelle ». Il s’agit donc de la première œuvre de création comportant une dédicace explicite de domaine public.